Textes

DEPUIS TOUJOURS

Tout au fond… de toi,
là où ton nom… disparaît.
Regarde, c’est la vie… le silence et le bruit.

Je ne sais rien…

je t’aime depuis toujours.


MARE NOSTRUM

Je suis né sur un rivage.

Nice la terre

Nice la mer.

Enfant de Méditerranée je suis.

 L’horizon me traverse. C’est le lieu naturel de mes dérives, l’espace réel et symbolique de mes contemplations. Depuis longtemps l’âme de cette mer  » au milieu des terres  » me nourrit et m’inspire. Les ports sont des portes.

La barque est le bateau primordial, le  berceau maritime qui guide et porte en lui mes déambulations marines . Avec elle  je voyage à travers le temps le long des rivages, dans l’ombre des oliviers. Les pieds sur la terre je regarde le ciel.  je me baigne dans le parfum salin entre les roches grises.

Plus haut à l’intérieur des terres, j’écoute l’eau fraîche des torrents et le chant des grillons. De retour sur la berge les pêcheurs me parlent de vents, de vagues, de sars  et de daurades. Les mouettes rient sur nos têtes.

L’odeur du thym et du jasmin dans l’air solaire.

Peu à peu vient la nuit, la lune, les étoiles.

Je me perds, je te trouve.

Assis au bord du quai, nos talons martèlent la pierre.


PETITE HISTOIRE DE LIONS ET DE TIGRE

Hier matin à Nice … j’ai vu 3 lions !!! et un tigre !!!
J’étais en vélo , j’allais vers St Rock.
Au milieu du parking, devant le palais des expositions,
installées pour les badauds, il y a des cages.
Il y avait cette odeur animale, j’ai fait un petit détour.
C’est là que j’ai vu 3 lions et un tigre !
enfermés dans des cages, pour les badauds …
Des merveilles vivantes de puissance et de beauté,
enfermées là dans ces cages de 3 mètres sur 5,
avec tout autour la ville et le flot incessant de voitures.
Il y avait des personnes qui prenaient des photos.
Il y avait aussi un grand père avec son petit fils.
Quand j’étais petit j’aimais pas les zoo,
j’aimais pas les spectacles d’animaux sauvages dans les cirques.
Mon grand père, qui étais un bon grand père,
m’a emmené au au zoo de St Jean Cap Ferrat et aussi au cirque,
comme tous les bons grand pères, pour me faire plaisir.
Moi ça me gênais, de voir ces animaux enfermés.
Un  » dompteur  » les forçait, pour distraire la galerie, a faire toutes sortes de choses qui à l’évidence n’étaient pas naturelles pour eux.
je trouvais ça triste, ils avaient l’air triste, ça me plaisait pas.
Comme aujourd’hui devant le palais des expositions …
je suis pas resté longtemps, j’ai pas pris de photos.

Un peu plus loin, alors que j’étais en roue libre,
je fus traversé par un immense sentiment de liberté !…

j’ai repensé aux lions et au tigre,
j’ai pédalé vers la mer et le ciel bleu.
J’avais besoin d’espace …


LA SANTA MANZA

La mer et l’horizon semblaient irréels , mais le bruit des vagues et le souffle du vent ramena cette illusion dans la réalité. Une odeur flottait dans l’air, mélange d’huiles de moteur , de sel, de caoutchouc, une odeur forte et puissante, l’odeur des ports. En face je pouvais voir la digue se découper sur le ciel, une ligne nette arrêtée par le phare, au bout de la jetée. J’adorais venir là , avant les mesures  de plus en plus absurdes imposées par la  tendance sécuritaire et la phobie des barrières.

La mer, c’est l’espace. Mon ami René, qui est partit pour le voyage inconnu me disait : « … se libérer du temps, pour trouver l’espace », c’est vrai … l’espace, il n’y a que ça , le temps en soi n’existe pas.

Je pensais à tout cela en me promenant sur les quais du port de Nice.

Je regardais la mer et les barques amarrées côte à côte le long du quai. Les mats des petites embarcations oscillaient en bataille, rythmées par le cling, cling, cling, des élingues. En levant les yeux je pouvais voir la colline du château et sa frise d’arbres, plus loin sur la gauche, le port de commerce… La Santa Manza est amarrée là, au repos, Attendant l’heure du départ .